WESTSOUND, QUAND FÉROCITÉ RIME AVEC TENACITÉ !

Le 6 et 7 octobre, le crew de Westsound déploie toute sa fureur et passion !

A Brest, se monte le Westsound Festival ! Première édition, le collectif habitué à remuer le Finistère avec sa musique électronique bien trempée a décidé de marquer les esprits finistériens durant 2 jours. Nous avons voulu les rencontrer et prendre connaissance de leurs motivations ! Charlie, l’un d’entre eux, a pris le temps de faire les présentations.

Salut salut les Westsound, racontez-nous votre histoire, vous êtes combien, comment le collectif s’est formé et surtout, quand êtes-vous tombés dans la marmite pleine de musique électronique ?

Salut à vous et merci de nous inviter à cette interview ! L’aventure Westsound a commencé en 2013, lorsque Samy a eu l’envie de faire une soirée concerts de musique électronique destinée aux gens de notre âge (autour de 18 ans à l’époque) à Bohars et qu’il cherchait des gens pour l’aider dans son projet. 6 personnes l’ont épaulé : Robin, Alexandre, Jimi, Charles, Julien et Charlie. On était une bande de 7 personnes prêts à affronter la paperasse, les questions de communication, de logistique et autres plaisirs d’organisateurs sans pourtant n’avoir forcément des habilités à l’origine dans ces domaines. Et tout en sortant pour la plupart du lycée. Une sorte de saut dans le vide en somme !

Si on s’est retrouvé nous 7, ce n’est pas non plus pour rien, on était déjà des gars qui se fréquentaient ou échangeaient via des groupes Facebook de partage de musique. Je pense qu’on était déjà mordus de musiques électroniques depuis quelques années et qu’Ed Banger n’y est pas pour rien. Toute une génération grâce à eux a pu vivre une première expérience avec la musique électronique et, quoi qu’on dise depuis « l’hipsterisation » de ce milieu, beaucoup d’entre nous s’y sont plongés en commençant par des Justice, Sebastian, etc. Le deuxième déclencheur de notre passion, c’est bien sûr Astropolis qui nous ont fait vivre nos premiers lives et nos premiers dj sets tant sur des événements gratuits que payants. En fait, ça nous a montré ce que cette musique pouvait donner sur un direct et ça nous a beaucoup marqués.

Au fil des aventures, on a été rejoint par Léo, Clément, Benjamin, Thibault et récemment Etienne qui a intégré notre équipe le mois dernier. Nous sommes désormais une bande de 12 passionnés et fêtards qui cherchent à donner une vie à notre environnement.

Individuellement, ou collectivement, avant de vous lancer, une personne, un moment vous a t-il particulièrement insufflé cette forte motivation et détermination à créer l’asso ?

Il y a deux personnes au départ sans lesquelles rien de tout ça n’aurait pu exister ! La première, Samy, comme on a dit qui a eu l’idée de départ, qui nous a motivés, n’a rien lâché, et la deuxième Alexandre, qui était le doyen parmi nous (enfin il avait 22 ans quoi) et permettait de beaucoup encadrer ce qu’on faisait. C’est lui qui se chargeait des dossiers, entretenait les dialogues avec l’administration, en gros c’est lui nous rendait crédibles et sérieux pour faire simple.

Ensuite, début 2015, lorsqu’on est devenus une association et qu’on cherchait à varier nos activités, c’est Julien qui a mis les bouchées doubles pour donner une réelle impulsion au groupe. Il fallait bien, une partie avait déménagé, on avait totalement changé nos objectifs, notre avenir était très incertain. Après des soirées à divers endroits il a fini par approcher la Suite, qui n’avait à l’époque par bonne réputation auprès du public techno, et c’est à cet endroit qu’on a pu prendre un nouveau souffle et vraiment s’éclater à faire des soirées.

Y a t-il des artistes parmi vous ? Des membres qui pratiquent en plus ? Si oui, présentez-les nous !

Oulah, la liste va être longue, car on est en fait à peu près tous djs ! Disons qu’à force de voir des performances et d’écouter de la musique on finit tous par s’y essayer.

Pour les plus axés techno industrielle, nous avons Julien, Jimi et Benjamin qui sont respectivement Altern, XLR-8 et Craft. L’univers d’Altern en ce moment est très tourné vers l’EBM, celui d’XLR-8 se base sur une techno très dure, très rapide, enfin très industrielle quoi et Craft oscille entre morceaux bruts et d’autre plus mélodieux.

Concernant ceux qui sont plutôt techno atmosphérique, il y a Charlie et Leo, alias Ilyss et Luisetti. D’un côté, il y a Ilyss qui s’inspire essentiellement de producteurs italiens et suédois et de l’autre Luisetti qui a plus d’affinités avec Berlin et l’Europe de l’Est.

Nous avons aussi un atout house, Charles, qui mixe sous le nom de Smith et nous balance le groove et la chaleur qui manque parfois un peu trop chez WestSound.

Ensuite viennent Robin et Samy qui font de la Bass Music et principalement du Dubstep sous les noms de Skore et Samplifire. Mention spéciale pour Samy qui a réellement réussi à faire son trou dans le milieu, a pu jouer à l’étranger à de multiples reprises et se faire playlister par des djs de classe internationale.

Enfin, nous avons notre dernier arrivé Etienne alias Lorca qui nous propose de la techno mélodique et qui est le seul parmi nous à faire du live.

Autant dire qu’avec toute cette panoplie on a de quoi proposer pas mal de choses différentes et ne pas trop ennuyer notre public en leur servant à l’envi les mêmes résidents.

Brest, le Finistère, quel est votre avis sur votre département ? Quelles sont vos attaches, ce qui vous déplaît, que vous voudriez changer etc.

Demander à des Brestois s’ils sont fiers de Brest et du Finistère ? On est amoureux de chez nous, que demander de mieux ! Un esprit festif et déjanté, des paysages à couper le souffle, des soirées aux bonnes programmations de partout et de bonnes teufs,… On a beaucoup trop de raisons de rester ici. Bon, reste le temps pluvieux qu’on doit quand même se farcir assez souvent mais toutes ces qualités, ça se mérite après tout.

 

Quel est d’ailleurs votre endroit, établissement favori pour organiser vos soirées, et pour quelles raisons ?

Définitivement La Suite ! On a déjà fait 11 soirées là-bas, collaborations comprises, c’est dire si c’est l’endroit où on aime faire nos soirées. On irait même jusqu’à dire que c’est notre deuxième maison ou notre temple.

Ses avantages, c’est déjà le système son puissant avec un bon rendu (du L-Acoustics pour les geeks) ! Sans un bon son, c’est même pas la peine de parler de bonne soirée. Ensuite, contrairement aux échos qu’on entend d’ailleurs de moins en moins, il y a une ambiance très agréable et amicale là-bas. Les soirées techno à La Suite sont devenues des réunions entre amateurs et connaisseurs qui savent pour quelle raison ils sont venus et on est vraiment contents du public que nous avons. Enfin, l’entente avec les dirigeants et le staff de La Suite joue aussi beaucoup. Ils nous font confiance à fond et on leur rend cette confiance, ce qui est la base d’une relation saine entre individus qui travaillent ensemble.

Si Westsound pouvait réaliser n’importe quel événement avec tous les moyens possible, ce fantasme aurait quelle forme ?

Déjà, quelque soit le budget, ce serait quelque chose à taille humaine qui permettrait de créer un lien avec le public et une identité particulière. Quelque chose qui offrirait une expérience visuelle spéciale, parce que beaucoup de festivals oublient de créer une atmosphère unique grâce à différents éléments scénographiques, du mapping, ou plus essentiel un cadre qui fait rêver. Enfin, il ne faut pas oublier une programmation de qualité qui a une logique interne et qui raconte quelque chose. C’est en fait ce qu’on cherchait à réaliser au Fort du Dellec et ce qu’on va tâcher de conserver à La Suite à cause des circonstances actuelles. Ce sera du indoor mais nous avons vraiment la volonté de transformer le club et de lui donner une beauté nouvelle et éphémère.

La seule différence, si les moyens nous étaient permis, serait de trouver d’autres lieux plus insolites, de proposer au moins trois scènes thématiques et de pousser l’expérience sonore et visuelle à son summum.

@ WESTSOUND

Quels sont vos objectifs actuels, en tant que Westsound ?

Ce qu’on veut faire, c’est proposer une musique qui nous ressemble et si possible avant-gardiste pour présenter quelque chose de différent à notre public. On ne mettra pas des artistes qu’on n’aime pas ou qui ne nous intéressent pas juste parce ça marche et on cherche au mieux à se différencier des soirées qui se font autour pour que les personnes qui viennent découvrent quelque chose. Quand bien même ce sont des connaisseurs, on espère leur offrir l’occasion de voir pour la première fois dans le coin les djs qu’ils aiment.

Maintenant que le festival fait partie de nos projets, on veut aussi accentuer nos efforts sur le cadre dans lequel la musique est écoutée. Il faut faire vivre une expérience aux gens, des instants, et nos objectifs c’est juste ça, réaliser des choses qui nous plaisent et donner le maximum qu’on puisse donner en espérant qu’en sortant de nos soirées, le public parte avec de beaux souvenirs en tête et de belles rencontres.

Comment arrivez-vous à jongler entre vos taffs/études et les projets de votre collectif ?

Franchement, on se le demande encore. Cette année a été un rush comme on n’a jamais eu depuis qu’on existe à cause du festival et de l’accroissement du nombre de soirées alors que certains des membres étaient déjà plutôt overbookés – Julien passait son BTS la même année, Samy et Robin sont toujours en études d’ingénieurs à Grenoble et Charlie a du jongler entre une année de master, un service civique et le taf en association simultanément. En gros, c’est un peu le chaos des fois mais on fait avec parce qu’on aime ça !

Pourriez-vous nous raconter une de vos plus grandes frayeurs et l’un de vos souvenirs les plus magiques durant vos activités ?

Notre plus grosse frayeur, sans contestation possible, c’est WestSound 2 en octobre 2014, qui nous a fait arrêter les soirées dans la salle Roz Valan à Bohars : on a couru dans tous les sens toute la soirée à cause de débordements épars, on a du couper le bar très tôt, on a en fait dû faire avec les conditions de la salle qui n’étaient pas très adaptées avec ce genre de soirées. Pour 500 personnes l’année précédente, c’est passé, mais avec 700 personnes on avait vraiment des difficultés à gérer tous les espaces. Globalement, on a bien réussi à s’en sortir mais on est tous au moins morts 8 fois de stress ce soir-là.

Plus récemment, Under Black Helmet a appelé Charlie tôt le matin avant la dernière Arcane pour dire que l’avion qu’on avait acheté n’existait pas. On a dû sauter du lit, trouver des solutions pour l’acheminer alors qu’on voulait se reposer avant les préparatifs et la soirée en elle-même mais on a finalement réglé le souci assez vite. Tout de même dès le réveil ça fait un petit peu paniquer !

 

Côté bons souvenirs, les Arcane du mois de juin ont toujours été des moments marquants parce que c’est les dernières avant de prendre des vacances et qu’on cherche à chaque fois à y mettre deux têtes d’affiches pour marquer le coup. L’année dernière, on a passé un moment exceptionnel avec le live de Polar Inertia et le dj set d’SNTS – on a jamais vu le public aussi investi et aussi fou depuis qu’on a commencé ce side-project – et cette année, Conrad Van Orton et Under Black Helmet ont vraiment fait passer à tout le monde une bonne soirée, à commencer par nous les organisateurs car c’était des gars vraiment humains, simples et déconneurs. Mention spéciale pour UBH qui a mixé en after !

Avez-vous déjà réalisé des collab’s avec d’autres crews locaux, nationaux, si oui des rencontres marquantes ? Et avec quelle team voudriez-vous tenter une « aventure » si vous en aviez l’occasion ?

Des collaborations, on en a faites avec les collectifs brestois Radio Lune et Velizion et les parisiens Round et Raw Agency ! Parmi la team Raw Agency, nous avons bien accroché avec Nicolas et Melissa qui forment aujourd’hui Myst, c’est pourquoi on aimerait bien tenter l’aventure avec eux. Concernant les crews brestois, on est vraiment une grande famille, on s’entraide tout le temps, que ce soit pour aider pour le montage, pour prêter du matériel ou se donner des tuyaux. A Brest, la collaboration ne s’arrête en fait jamais vraiment donc si on doit retenir quelqu’un d’ailleurs avec qui on aimerait travailler, c’est Myst !

Dernièrement il y a une soirée/festival/concert etc que vous avez bien apprécié en tant que public ?

Il y en a pas mal vu qu’on aime bien aller un peu partout voir ce que les autres proposent et qu’on a nous aussi envie de s’amuser tout simplement. Pour commencer, il y a l’édition estivale d’Astropolis qui est notre rendez-vous annuel à tous ! Après, il y a des soirées comme TXTR de l’Organisme Texture à Rennes qui a marqué nos esprits. Trois d’entre nous sommes aussi partis à Berlin très récemment (on y revient tout juste en fait) pour écumer les soirées berlinoises et voir si le mythe autour de cette ville était bien réel ! Les trois plus grandes leçons qu’on a tirées sont : Berlin ne dort jamais, il faut s’armer de beaucoup de patience pour rentrer (ou pas) au Sisyphos et le Tresor ça tue (on a pu y voir Adam X, Philippe Strobel, Developper et Sleeparchive pour ne citer qu’eux) !

Après, si on doit remonter beaucoup plus dans le temps, la OFF Unity en octobre 2015 est une soirée qui nous a beaucoup marqués. On était dans une immense warehouse à la Courneuve et on a pu y voir Clouds en live, Ayarcana, Dax J juste avant son explosion…c’était vraiment top !

Et quel est celui que vous attendez le plus prochainement ?

Le 21 octobre, il y aura le Bunker Brestois organisé par Astropolis que nous attendons beaucoup : c’est une soirée qui réunit les collectifs et associations de Brest en les répartissant dans trois salles à thèmes à la Carène et dont la superbe première édition a eu lieu l’année dernière.

En fait, tous les grands rendez-vous organisés par Astropolis sont des immanquables. Que ce soit Astropolis l’Hiver, la Spring à Kériolet, Astropolis Eté ou Fortress, le travail qu’il y a autour de ces soirées est tellement remarquable qu’on a toujours envie de s’y rendre, sans compter le fait qu’on se retrouve souvent entre potes et/ou collectifs pour tous faire la fête ensemble.

Mais bon, ce serait mentir si on disait que ce n’est pas notre festival que nous attendons le plus ! C’est une première pour nous, on mise beaucoup là-dessus donc on l’appréhende avec énormément de hâte et de crainte à la fois.

Un petit résumé de votre premier festival à venir cet automne ?

WestSound Festival, c’est un projet qui tente de rassembler house, techno, U.K bass, dubstep et drum & bass le tout avec une harmonie d’ensemble.

C’est pourquoi nous avions initialement choisi de le faire sur deux lieux. Désormais, vu que la sous-préfecture en a décidé autrement, le format du festival se passera exclusivement à La Suite la nuit avec en prime un open air le samedi après-midi au lavoir Saint-Martin.

Sachant que notre but était de faire correspondre la musique au lieu dans lequel elle est jouée, nous envisageons de créer un décor pour chacune des soirées programmées. Le premier soir, nous prévoyons une atmosphère chaleureuse et boisée pour coller aux prestations qui iront de la house à de la techno hypnotique. Concernant le second, nous imaginons un environnement plus agressif et métallique en symbiose avec la techno industrielle qui y régnera.

Notre réel regret dans cette histoire, c’est de ne pouvoir permettre aux artistes bass music de faire leurs prestations. Nous n’avons plus deux scènes pour le vendredi et nous avons préféré garder une cohérence interne dans le line-up en ne les mélangeant pas et aussi jouer la sécurité car la techno et la house font plus d’émules en Bretagne. Cela dit pas de panique !

Premièrement, on revient l’année prochaine avec la garantie qu’on pourra présenter ce pan trop souvent absent des programmations de musique électronique. Deuxièmement, et nous pensons que c’est le plus important, on a toujours la chance de pouvoir proposer une première édition qui tient la route, alors qu’on nous fasse confiance et qu’on bouge les 6 et 7 octobre à la fois pour se faire plaisir et soutenir notre cause.

Ce sera bien cette année et ce sera encore mieux l’année prochaine !

 

Merci à tout le crew pour leur attention, on suivra vivement toute leur actualité !

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