[FOCUS] BINARY SOUNDTRACK @ SAINT-BRIEUC

Binary Soundtrack

Maxime de Fresh Flavour s’en est allé à Saint-Brieuc, en Bretagne du Nord, mieux connaître les acteurs de la musique électronique du coin. Parmi eux, le collectif Binary Soundtrack, qui avait récemment organisé son propre événement de musique électronique, dans le cadre du festival Art Rock 2017.

Quel est l’historique de Binary Soundtrack ?

Nous sommes situés à Saint-Brieuc. On a commencé à Rennes avec le Chantier, le Bar’Hic, l’After Bar ou encore le Combi Bar mais très vite l’idée de rester à Saint-Brieuc est venue, même s’il y a eu de belles ambiances dans la capitale bretonne.

Nous sommes plusieurs dans l’association : Ethan Wood qui est à Rennes, Frank Perry qui est à Ploemeur, Raphaël qui est à Paris, Red Sunrise, FenX et KB208 à Saint-Brieuc. Nous n’oublions pas également Samuel Di Cont’Sha, Axom, Ronto, JP, Roms, Sylcut, dj P qui ont fait parti de l’aventure. Binary Soundtrack a été créée par BlackTheDog et Julian V : le premier était président de l’association mais nous a quitté pour des raisons personnelles, le deuxième a donc repris le flambeau.

L’aventure a démarré en 2012 à Rennes, nous avons joué dans les bars cités ci-dessus sans oublier la Bonne Nouvelle à Rennes et l’Éclipse Café aux Sables d’Or. On entretient le bébé parce qu’il faut que l’association continue de vivre : même si le président original n’est plus là il ne fallait pas que l’aventure s’arrête.

Notre QG briochin c’est le Cavo, sur la place du Chai. La patronne a une entière confiance en nous et nous avons fait vibrer la scène locale lors du festival Art Rock avec les Art Bist’rock, une série d’événements qui dure trois soirs. Nous pouvons aussi citer la Cave, un très bon établissement situé derrière la Poste dans le centre-ville.
Plusieurs artistes sont passés aux platines des Art Bist’rock parmi lesquelles Commuter, Azano, Daxxel, FEM, E-runner, Menthine, Katell, Rhizom … nous n’avons pas pu écouter le passage d’Antoine par contre, c’est pas marrant …

 

Le nom de votre association nous fait penser à une association binaire. Est-ce qu’il y a un lien, d’où est venu ce nom ?

C’est vraiment tout bête mais au début du projet il n’y avait que deux personnes, Julian V et BlackTheDog. Le nom fait référence à un binôme, donc binaire ; ils cherchaient un côté numérique, donc Binary. Soundtrack en anglais c’est la bande-son, ce qui englobe parfaitement la musique.

Quand on pense à la scène briochine on pense à vous. Comment vous situez-vous sur le paysage local, que souhaitez-vous proposer au public ?

Avant les années 2000 il y avait une très belle effervescence à Saint-Brieuc, il y avait l’Absolute, le Mona Lisa (ex Café Del Mar ) le Quai 1, le Martray, des lieux qui ont clairement fait bouger les choses. D’ailleurs c’était surtout Lowen ATX , Nikkolas Research et Commuter qui faisaient bouger ce paysage local. Il y avait une vraie scène, c’était un plaisir de sortir, de s’amuser, de partager la musique : en gros cette envie de faire bouger les choses c’était vraiment extra car il y avait ce côté pédagogue de découvrir et cultiver la passion de la musique électronique. Aujourd’hui cette passion reste intacte, on voit des gens qui s’amusent, ça nous inspire. On continue de prendre des claques.

 

Quels ont été vos plus gros événements, et avez-vous des projets de plus grosse ampleur à l’avenir ?

Pour moi (Red Sunrise) ce sont Les TransMusicales. C’était l’apothéose, j’aurais pu continuer de jouer après cette date mais j’ai du faire un break. Ça a été un très beau sentiment d’accomplissement parce que j’ai joué sur la Greenroom. J’ai eu une belle scène, et côté plateau ce sont Kolsch et Get A Room qui jouaient avec moi. C’était cool parce que 10.000 personnes devant c’est la classe. Aujourd’hui je travaille la suite, je bosse des morceaux et j’aimerais signer sur des labels.

De mon côté (Fen-X) Art Bist’Rock reste mon plus gros événement. J’ai eu de belles date au Chantier il y a 2 ans, j’en garde un très bon souvenir. Je ne fais pas de grosses scènes, je n’ai pas la prétention de chercher à en faire parce que je préfère voir de vrais compositeurs ou de vrais lives. Niveau spoiler nous travaillons un événement pour l’année prochaine avec plusieurs associations briochines, nous voulons vraiment apporter quelque chose dans l’ère du temps pour la ville qui est souvent délaissée pour Rennes ou Brest. Produire des événements ce n’est pas notre métier de base mais c’est un apprentissage avec de vraies valeurs, avec un partage de la musique, avec du respect ; c’est une passion qui est comprise par beaucoup de jeunes et de « routards ». Les bons moments sont faits pour être partagés alors on se donne les moyens de les créer. Nous sommes preneurs de conseils pour nous développer. C’est aussi pour cela que cette année nous avons invité deux festivals en place MADE et CAPSULE !

 

Quel est votre regard sur la scène locale aujourd’hui, est-ce qu’elle a évolué depuis ces dernières années ?

Il y a eu plusieurs phases : avant les années 2000, une période 2005 – 2012 et une troisième qui s’est formée il y a près de 2 ans. Auparavant les clubs faisaient vraiment ce boulot de sensibilisation à la musique électronique, avec une vraie place à la découverte, aujourd’hui c’est plus difficile mais pas pour autant impossible. Cette année par exemple il y a eu Breakbot au O’Kenny, dans un bar du centre-ville en marge du festival Art Rock, le moment-phare de l’année pour Saint-Brieuc, c’est vraiment cool de l’avoir programmé !

Le meilleur carburant qui soit c’est le public : d’années en années on investit le Cavo et cette année c’est toute la place du Chai qui a dansé, c’est une récompense. La nouvelle génération écoute de l’électro, de la techno, de la dubstep, elle a une nouvelle approche qui peut plaire ou pas mais en tout cas la recherche musicale subsiste. Une belle culture musicale ça se travaille, autant on peut avoir un gars de 17 ans qui connaît un morceau, autant nous on était là avant lui et on connaît aussi ! On a aussi la chance d’avoir eu Commuter qui nous a clairement fait notre culture musicale.

 

Quel est votre meilleur souvenir et le pire ?

Un flop au 37 club, les festivaliers n’avaient pas suivi. Mais le meilleur souvenir c’est tous les ans : un bon moment de partage, 3 jours de fête, 3 jours de sourires, c’est de la vitamine.

Je veux découvrir Saint-Brieuc et les environs pendant un week-end. Quels sont vos bons plans pour se balader, prendre l’apéro, manger, sortir ?

Il ne faut pas hésiter à aller faire un tour au port du Légué, aux Sables d’Or, à Binic ou à Saint-Quay ; toute la côte est magnifique. Pour l’apéro direction le O’Kenny, le Cavo ou encore la Cave. Ensuite le Boulevard du Rêve et l’Exception à Plérin, l’Atypik à Saint-Quay ou le Kreizenn à Saint-Brieuc sont nos bonnes adresses pour manger. Pour sortir, le Cavo (surtout quand Binary est là), le Fût Chantant, et le 37 Club pour finir la nuit !