INTERVIEW FRESH FLAVOUR : SAMUEL DI CONT’SHA

Fonda noir et blanc

Être passionné se dessine très tôt dans l’adolescence : avec la vitesse de la technologie et les réseaux sociaux il est facile de consolider ses connaissances et d’acquérir le goût de la découverte. Mais la culture se partage également avec des vétérans, des personnes qui sont présentes depuis des années et qui ne manque pas de jouer dans les bars et les clubs. Personnalité discrète mais fidèle au registre deep house, Samuel Di Cont’Sha fait partie de ces amoureux du son.


Salut Samuel ! Nous sommes très heureux de pouvoir enfin parler de toi puisque ça fait des années que nous suivons ton parcours. Pour ceux qui ne te connaîtrait pas encore, peux-tu nous faire une brève description de toi ?

Bonjour à tous et salut Maxime! Tout d’abord, je tenais à te remercier ainsi que Fresh Flavour pour l’invitation et la promotion. Je suis flatté de l’intérêt porté à mon égard et suis également très heureux de passer ce moment ensemble!

Ensuite, oui tu as raison, ça fait un certain temps qu’on se connaît, je me souviens quand nous nous sommes rencontrés pour la première fois, c’était à l’Hacienda et avions mixé ensemble. Je pense que l’on peut parlé d’une décennie…

Pour me présenter rapidement, j’ai 36 ans, je suis sur Nantes depuis bientôt deux ans et mixe depuis les années 2000. J’ai commencé à jouer de la basse vers 14 ans en me rinçant les oreilles de Fusion californienne (West Coast Heros quelque part aussi ici) avec des groupes comme Primus, Infectious Grooves, Rage Against The Machine, Red Hot Chili Peppers, composés de musiciens hors-pairs et de bassistes exceptionnels. Ce coté groove et rythmique m’a tout de suite plu. J’ai ensuite parachevé mes préférences avec du chill out et de l’électronica. Björk, Massive Attack, Thievery Corporation, Quantic, Kruder & Dorfmeister, Roudoudou, Bonobo ou encore Jazzanova ont façonné mon coup de cœur pour les nappes spatiales, les gros claviers en profondeur, les magnifiques mélodies atmosphériques et ces voix angéliques.

Avec toutes ces années de pratique, quel est ton sentiment sur le monde de la nuit aujourd’hui ? Est-ce qu’il y a eu des changements, quelle est ton opinion à ce sujet ?

Oui, pas mal de changements, je parlerais aussi d’évolutions, techniquement j’entends. Avec notamment, la démocratisation du MP3 et ses différents modes de contrôle. J’ai résisté longtemps, et désolé pour les puristes du vinyle qui liront ces quelques mots, mais j’ai basculé et cela a redonné un souffle à mes achats musicaux, étant donné la diversité presque intarissable des morceaux que l’on peut trouver, sans parler du fait que ça coûte tout de même moins cher.

Evolution aussi à la nouvelle génération de Dj/Producteurs qui arrive. Je pense à F.E.M, AXOM ou HANS qui sont d’une fraîcheur redoutable et ça fait bien plaisir à écouter tout ce travail. Je me dis que la House et la Techno ont de beaux jours devant elles!

Néanmoins, ce style musical reste relativement pointu, tout de même réservé à un public averti et c’est là où, en tant que passionnés, nous nous devons d’inviter les gens à élargir et satisfaire leur curiosité, en leur expliquant pourquoi cette musique nous touche autant. Nous avons un rôle « pédagogique » en laissant ouvert le cercle de la musique électronique.

SDC

La house c’est vraiment ton domaine, qu’est-ce qui t’attire dans ce style de musique, est-ce qu’on peut dire que ça correspond à ta personnalité ?

Cette musique a été une vraie révélation. Un sac bien rempli d’artistes et de styles. Mon terrain de jeu est finalement simple : la rythmique et le groove de la fusion accompagnée d’un zeste de claviers et de nappes du Trip Hop avec, quelques fois, des voix, que je considère plus comme une sonorité, voire un instrument, plutôt que le message qu’elles transmettent.

Incroyable, ces deux domaines musicaux complètement différents sur lesquels je vibrais (Fusion et Trip Hop), se sont (de mon point de vue) naturellement imbriqués pour ainsi offrir la House Music. Oui, c’est vraiment ce que préfère. Ce côté instrumental ainsi que cette élaboration complexe et intelligente m’emportent vraiment.

On peut s’accorder à dire que cela correspond à ma personnalité mais de manière indirecte. Je dirais que cela correspond plus à ma sensibilité, de comment je ressens la musique, ce qu’elle me procure. D’une manière générale, c’est de la house que je tombe le plus sous le charme. Après, si le morceau me transmet, OK ; et cela se vérifie dans n’importe quels styles. Que ce soit dans la House, Chill Out, Techno, Drum&Bass, Hard-Tech, Funk,… quand c’est bon, c’est bon ! C’est d’ailleurs pour cela qu’il y a un peu de tout dans mon « bac » …

De plus en plus d’associations se mettent en place dans le Grand-Ouest pour réaliser de belles soirées, pourtant tu restes indépendant. Est-ce une force selon toi ?

Dans l’officialité des choses, ce n’est plus tout à fait vrai car depuis septembre 2013, j’intègre l’association rennaise Binary SoundTrack (Mytiik, Underground Station). Cependant, mon fonctionnement reste indépendant, car oui j’y tiens mais cela ne veut pas dire « vouloir être solitaire ». Je suis conscient qu’il faille créer des échanges, des alliances pour pérenniser le mouvement.

En terme d’organisation des beaux et gros évènements, Sonic Crew (Astropolis à Brest), Boogie Night (Super Boogie à Rennes), ou encore Social AfterWork (Relax à Rennes/Nantes/Quimper), et j’en passe car on ne peut pas tous les citer, sont la preuve que ça ne peut plus être le travail que d’une seule personne.

Il est vrai que l’union a toujours fait la force et de ce fait, donne des résultats hors du commun.

Pour répondre à la question, finalement mon indépendance, est plus un confort qu’une force.

Mixer c’est bien … mais avant il faut prendre des forces. Tu joues sur Rennes, Nantes, Vitré … Quels sont tes bons plans sorties ?

Nous sommes tous acteurs de l’ambiance qui règne dans chaque soirée, elle est ce que nous en faisons.

Cependant, il y a des endroits qui sont tout de même prédisposés à ce que ça se passe bien ! Voici une liste, certes loin d’être exhaustive car il est difficile de tout énumérer, mais si vous êtes à Vitré passer au Barabis, au Barravel Bar, au Machin-Truk et au Guy 16. Sur Nantes, L’Altercafé et Le Corneille. Sur Carnac, il y aura Le Mora Mora et le Café Del Sol. A Quimper, La Paillote du Majestic et Le Tapachula. Un peu plus haut à Brest au Q.G. Sur St Brieuc au El-Cavo. Sur St Malo et ses alentours, L’Escalier-Club et La Chaumière. A Rennes bien sûr, un crochet au Before/After Bar, au Chantier, au Bar’Hic, et à L’Espace.


Les prochaines dates de Samuel Di Cont’Sha :

- Samedi 26 avril à la Paillote du Majestic à Quimper.
- Dimanche 18 mai à l’After Bar à Rennes.
- Vendredi 6 juin sur le Canamix de Zénith FM.
- Samedi 7 juin aux Art Bistrock, le off du festival Art Rock à St Brieuc.


FRESH FLAVOUR PODCAST #018 – SAMUEL DI CONT’SHA by Fresh Flavour on Mixcloud


Interview réalisée par Maxime

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