INTERVIEW : SUR LA PISTE DE BRE.TONE : PETIT TOUR D’HORIZON !

 

Cet été, nous avons recroisé l’association rennaise Bre.tone ! L’occasion de les interviewer, d’en apprendre plus sur l’identité de l’équipe, qui anime et organise si finement bien les Garden au Château d’Apigné depuis plusieurs années déjà.

Rappelez-vous : nous avons parlé d’eux dans un reportage de leur 6e Garden, le 4 juin dernier, où nous avions bien pris notre pied !

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Crédit : Nanardiso Photographie

Hey les Bre.Tone, on en profite, entre une ou deux gorgées rafraîchissantes au Fatcap bar pour vous questionner. Dîtes-nous en plus sur le nom de votre collectif !

Benoit : on n’est pas parti d’une idée très précise, personnellement je trouvais que ça sonnait pas mal. Ça rappelle forcément la Bretagne, on n’a pas effectué un énorme brainstorming à ce propos. Les quatre membres originaux de l’asso sont bretons : Benoit, Alex et Gwendal sont de Rennes et Etienne de Quiberon.

On adore votre logo avec ce fameux phare, qui en est l’auteur ?

Benoit : l’idée vient de moi mais le logo a été réalisé par Yvan Berthier, le graphiste et ami avec qui on travaille depuis le tout début de la création de l’association.

Et puisqu’on vous a sous les yeux, Alex & Benoit, racontez-nous votre rencontre !

Alex : on s’est rencontré au festival Panoramas à Morlaix, lors de la 14ème édition en 2011. J’étais à la barrière devant le set de MANDY. J’ai posé la question du morceau qui passait au gars d’à côté, qui était en fait Benoit ! On a ensuite passé la soirée ensemble, on avait tous les deux perdu nos potes.

Benoit : après on s’est revu à l‘Ubu, puis à Keriolet lors de la Spring. On s’est bien trouvé, on s’est tout de suite bien entendu !

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Qu’est-ce qui vous a donc donné aussi l’envie de toucher tous les deux aux platines ?

Benoit : quand on aime la musique et faire la fête la première étape est souvent de ‘digger’ les meilleures tracks possibles pour faire danser ses amis ! Ensuite on en vient assez vite à vouloir aller plus loin et mixer, c’est de cette manière que je m’y suis mis pour ma part.

Puis vous avez formé l’association Bre.tone, dans quel but, pour répondre à quelles motivations ?

Benoit : quand on a créé le collectif c’était pour participer au renouveau événementiel rennais, en essayant d’apporter une approche artistique un peu différente. On sentait qu’il se passait quelque chose, principalement grâce à l’impulsion culturelle de Midi Deux. On était un peu frustré des nuits rennaises, et de payer plein pot pour de la musique qui ne nous convenait pas, et qui variait peu malgré les différents établissements. Par conséquent l’envie d’apporter notre contribution au renouvellement de la scène musicale rennaise est venue naturellement. C’est dans ce contexte qu’est née l’association en 2013.

Alex : d’autre part, à l’époque les soirées étaient peu nombreuses et peu variées. On était très souvent confronté aux mêmes genres musicaux un peu partout. On avait envie de proposer autre chose, de réunir des amoureux de house et de vinyles dans des événements qui nous ressemblent.

En parlant de genre, style musical, partagez-nous un peu plus du vôtre !

Benoit : au tout début, on était principalement focalisé sur la house et techno, allant des pionniers underground à des têtes d’affiches que l’on a maintenant l’habitude de retrouver un peu partout en festival. Rapidement, nous avons élargi nos sources vers des styles plus afro, disco, funk, world, boogie.

Désormais la formule adéquate serait plutôt : « peu importe le style, pourvu que ça groove ».

Alex : le disco était un style plutôt inhabituel à Rennes. On a fait parti des premiers à en proposer, ce qui n’était pas simple puisqu’il a fallu trouver notre public. Mais quand on voit nos derniers événements, on peut qu’estimer que le pari est plutôt gagné.

Si l’on vous parle de l’opposition VINYLES VS DIGITAL vous nous répondriez quoi ?

Benoit : ce débat récurrent est un peu stérile. Personnellement, j’aime le vinyle et on ne joue que ce support chez Bre.Tone. Mais techniquement, le vinyle c’est quand même aller au devant des problèmes (coût, transport, rumble, dégradation des disques…), sans forcément ajouter une vraie plus value pour les spectateurs, mise à part le côté esthétique si vous pouvez voir le set up, ou pouvoir jouer des tracks qui ne sortent que sur ce support. On a quand même ce rendu sonore assez agréable surtout si on a une bonne table analogique et un bon sound system mais c’est plus un plaisir du point de vue du Dj à mon avis. Le problème ce serait plutôt la qualité des fichiers numériques joués, voir les Djs qui jouent des rip de sorties vinyl only… Ca fausse un peu le jeu ! Mais chacun ses choix tant que le public s’y retrouve.

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Contez-nous la première soirée de Bre.Tone !

Benoit : la première fête c’était chez Gwendal, un des membre de l’asso. Il y avait déjà eu de nombreux essais mais on avait jamais pris la peine d’organiser ça plus sérieusement. Ça commençait dans l’après-midi, autour d’un barbecue, d’un jeu de palets et des platines et ça sans limite de temps bien sûr. Ca s’est tellement bien passé, qu’on a décidé de décliner le concept. La question d’un lieu pour accueillir convenablement notre public et nos activités s’est vite posé, on s’est orienté vers les bars pour commencer, un peu comme tout le monde. Notre première soirée publique s’est passée à l’Alex’s Tavern, rue de la Soif.

Ce 22 juillet dernier, vous faisiez partis de la line-up de la grosse Texture estivale de cette année. Vous avez répondu présents mais vous avez joué en warm-up à la Bloc stage Techno au lieu de la Chill-out (qui ne comptait plus de scène musicale, uniquement un endroit pour se poser, pour en savoir plus : notre reportage) par soucis techniques. Ce fut l’occasion pour nous de nous rendre compte de votre côté un peu plus pêchu en Techno.
Des remarques ? Vos retours ?

Alex : plus il y a de danseurs, plus on a envie de mixer et de passer des tracks plus dynamiques aussi ! On a fait en sorte de s’adapter en fonction de l’affluence, des moods de notre public selon les heures, de leurs réactions. Tout au feeling !

Benoit : on a été un peu déçu parce qu’on était très motivé à jouer toute la nuit avec La Rennes des Voyous pour la Txtr. Mais on a respecté le choix du crew qui était le bon d’ailleurs, et on a kiffé l’expérience de jouer Techno sur la grosse scène même si ce n’est pas notre habitude de jouer ce style en début de soirée.

Crédit : FTNE PROD

Fermons cette petite parenthèse. Revenons-en à vous : comment vous vous êtes illustrés dans l’organisation de Garden Party de votre côté ?

Benoit : la première s’est déroulée en juin 2014. L’idée était de faire des fêtes en plein air, dans la journée. J’ai un bon ami qui travaille au Château d’Apigné, on a donc décidé de tenter le coup. C’était rude à l’origine d’enfoncer la porte et de jouer de la house dans ce genre d’endroit. Il y a une clientèle, une image à respecter. Ils étaient d’accords pour dynamiser le lieu, mais la fête fait parfois peur. C’était un risque pour leur activité. Finalement, on a trouvé un bon compromis et l’asso, le staff du château et le public semblent content du concept. La Garden de 2014 a eu un joli succès, c’était assez novateur à Rennes et dans les environs de voir des gens danser sur de la musique dites ‘underground’ dans un endroit qui peut sembler guindé dans d’autres circonstances.. On avait réuni un plateau de potes, ça faisait grosse fête de famille au château.

Et prochainement, on doit s’attendre à quoi avec Bre.tone ?

Benoit : au niveau structurel on est un peu limité : nous sommes quatre dans l’asso dont deux qui sont à Paris. On se retrouve à deux avec Alex sur Rennes. Tous les ans, je me dis qu’il serait intéressant d’ouvrir l’association aux bénévoles qui veulent s’investir dans le projet, apportant ainsi une nouvelle énergie, mouvance. Mais je ne suis pas sur d’avoir le temps et les compétences nécessaires, ça fonctionne relativement bien comme ça pour l’instant, avec des avantages et des inconvénients. Je ne sais pas si nous avons vocation à apporter encore plus. Le paysage culturel rennais, depuis le début de l’association à aujourd’hui, a réellement évolué et dans le bon sens. A voir où se situe notre place. On va peut être se focaliser sur l’artistique et organiser des événements seulement s’ils ont une vraie plus value pour le public. Quand on voit l’effervescence actuelle, le boulot effectué par les crew comme Texture, ÖND, Chevreuil… ça force le respect.

Alex : nous ce qu’on souhaite aujourd’hui, c’est vraiment de jouer et partager notre univers musical. On a fait quelques belles dates ces derniers temps, comme Le Hameau, lors du Made Festival, et au festival Au Pré du Son, c’étaient de belles expériences.

Pour revenir sur la multiplication des événements et des associations dont nous parlions précédemment, quel regard portez-vous ? Sommes-nous arrivés à un point de saturation ou pas du tout ?

Alex : non, non c’est vraiment cool qu’il y ait des gens qui essayent et qui apportent quelque chose de nouveau. Après c’est effectivement risqué de se lancer aujourd’hui à Rennes. Le nombre de lieux est limité, et quasi tous les styles de musique électronique sont très bien représentés.

Benoit : il n’y aura jamais trop de collectifs, en soi c’est une bonne chose. Maintenant, c’est mieux si une association arrive à créer son univers, à apporter sa touche. Aujourd’hui de plus en plus de crews organisent leurs premiers gros events.

Il faut que ça tourne et que tout le monde en ait pour son compte, que les collectifs s’associent le temps de soirées pour plus de complémentarité. Le renouvellement a du bon, comme nous avons pu en faire l’expérience avec notre rencontre avec la super team de la Rennes des Voyous !

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Pouvez-vous nous partager vos meilleurs/pires moments sous votre veston Bre.Tone ?

Benoit : du point de vue de l’organisation, c’était quand on a du annuler la quatrième Garden à cause de la météo. Ce fut un choix très difficile, qui a eu des répercussions financières par la suite. Evidemment on avait aussi beaucoup travaillé dessus, il fallait s’occuper de rembourser tout le monde etc …

Alex : sinon à la première Garden, on avait fait face à une coupure de courant, on se demandait si ça allait repartir, ça a duré plus d’un quart d’heure. Mais quand le son est reparti tous les danseurs sont revenus ! A la dernière Garden (6e), un agriculteur a déplacé une voiture pour la mettre devant l’entrée du site. J’ai donc fait une annonce micro en plein set pour demander au propriétaire de déplacer son véhicule, personne ne s’est manifesté, mais ça s’est réglé (rires).

En effet haha, quand la musique a coupé et que nous vous avions entendu avec tant de politesse demander au propriétaire de la voiture de bouger sous un ton quand même assez pressé, c’était assez coquace ! Bon souvenir.

Auriez-vous des coups de cœur à dévoiler à nos lecteurs ?

Benoit : ce n’est plus un secret pour personne mais Jeremy Underground et Motor City Drum Ensemble restent des icônes pour moi, j’ai eu la chance de les découvrir assez rapidement. Au niveau événementiel, j’ai toujours apprécié ce que faisait le collectif parisien La Mamie’s, aussi bien au niveau musical, que dans l’organisation ou de l’état d’esprit. J’ai vécu à Paris pendant trois ans, j’ai pu voir aussi la belle vague événementielle parisienne notamment avec le début des Concrète, 75021. J’ai travaillé à la Bellevilloise, ça m’a donné pas mal d’idées pour l’association et pour Rennes. Plus récemment, on a pu inviter Les Yeux Orange à notre dernière Garden, c’est un crew à surveiller !

Alex : il y a un peu plus d’un an je suis allé à une soirée à Brilliant Corners, c’est un resto japonais à Dalston à Londres. Le système son est au top et ils ont un joli collectif de djs, ils ne mixent pas : ils enchaînent les tracks et leur sélection est parfaite. D’ailleurs ils auront leur propre scène au Farr Festival en Angleterre et une boat party au Dimensions en Croatie.

Dernière question : carte blanche, vous avez tous les moyens possibles pour réaliser l’événement de vos rêves, à quoi ressemblerait-il ?

Benoit : de mon côté je pense que j’essaierais de faire une Garden de 24h. Avoir plus d’amplitude horaire, mais garder le même esprit et la même idée de progression artistique. Un lieu magnifique, de la bonne musique, de quoi bien boire et manger avec les gens que vous aimez et ça sous le soleil et dans une super ambiance, que demander de plus ?

Alex : pour moi ça serait une soirée dans une petite salle, avec une centaine de personnes maximum et une sélection musicale très large. Ça permettrait aux gens de se rencontrer, de tisser des liens différents que lors des grosses soirées à 5000 personnes.

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Et parce que les Bre.tone ne chôment certainement pas, ils sont aussi de la partie pour vous proposer une rentrée des plus délicieuse ! Rendez-vous le 17 septembre prochain pour leur 7e GARDEN !

Artwork by La Jum’s Factory