FLASHBACK : MADE FESTIVAL 2017

Made Festival

Cover : cliché par Shoot Me Again

L’équipe de Fresh Flavour était présente sur Rennes du 18 au 20 mai, à l’occasion de la deuxième édition du Made Festival.

On vous raconte comment ce nouveau-né des festivals s’est transformé en marathon musical haut en couleurs et comment il a su rassembler un public hétéroclite pendant quatre jours de fête ! Au programme ? Les soirées dans les bars organisées par différents collectifs locaux, les afters ou befores dans les parcs et bien entendu, les deux soirs du parc expo. 

Le Made. est né il y a maintenant un an après que l’association Dancing Robots ait décidé de faire évoluer ses différentes soirées dans les bars de nuit rennais, en un festival de quatre jours dédié à la musique électronique. Si c’est d’abord une nuit au 1988 Live Club et deux soirs au Parc Expo, le Made a été plus loin en proposant divers événements dans le centre-ville de Rennes. Entre artistes locaux et internationaux, l’année 2017 aura été une belle réussite niveau programmation : les DJs des collectifs tels que Texture, Kepler, Chevreuil, Frangine&Co, Bre.Tone, ÖND,  La Tangente ou Percept se sont produits devant le même public que celui qui a dansé devant Robert Hood, Kink, Levon Vincent, Mandar, Tama Sumo ou encore Sonja Moonear.

 


A notre grand regret, nous n’avons pas pu nous rendre au 1988 Live Club le jeudi soir, pour commencer ce grand weekend devant Tama Sumo, Môme, Jus-Ed ou Beaujan. Les différents bars qui animaient la ville en cette fin de semaine nous sont aussi restés inconnus, mais nous avons gardé des forces pour arpenter les différents événements programmés pendant le week-end.

© FTNE PROD

► VENDREDI ◄

▪ PARC DES EXPOS ▪

Les festivités peuvent commencer pour les rédacteurs de Fresh Flavour, qui sont enfin en week-end. On se met vite en jambe et on file au Parc Expo pour profiter de cette deuxième soirée. Côté navettes, tout est bien organisé et l’arrêt Charles de Gaulle est plein à craquer de festivaliers en quête de sensations. Dans la queue, ça se chamaillerait presque pour arriver le plus vite possible à la navette, mais on aperçoit une majorité de sourires, de gens qui rient et échangent sur la programmation et les prestations qui les attendent. On grimpe enfin dans le bus, on se faufile dans la foule pour trouver un peu de place dans les navettes blindées et on s’ambiance sur « Cafe del mar » d’Energy 52, qui sort d’une enceinte glissée dans un sac à dos. Malgré la distance qui sépare le Parc Expo du centre, le trajet passe vite et au bout de quelques minutes, nous sommes prêts à envahir la salle.

Le site a un peu changé par rapport à l’année passée, mais l’ambiance est toujours la même : festive et chaleureuse ! Il est minuit seulement, mais c’est déjà noir de monde, on sent vite que personne n’est venu pour passer une soirée tranquille. L’appel de la musique est trop fort et les basses résonnant jusqu’à l’extérieur nous poussent à se glisser dans les premiers rangs. Robert Hood nous accueille en beauté avec un set house ultra groovy ! Il nous a notamment fait plaisir en laissant apparaître un peu de son côté Floorplan et en envoyant des grands classiques à la Francky Knuckles… Une très bonne mise en bouche !

Luke Slater aka Planetary Assault System nous a un peu déçu avec un live techno en manque de décibels… Il n’aura pas nécessairement trouvé sa place au milieu d’une soirée au niveau sonore assez élevé, dommage, on en attendait plus de l’anglais habitué des grandes scènes.

On se remet vite d’aplomb avec le set de Maceo Plex, classique et sans surprise, mais efficace ! Le public a le droit a de gros claps et snares avant chaque drop, le beat est bon et l’américain Eric Estornel a mis tout le monde d’accord !

 

Pour finir cette deuxième soirée du Made. Helena Hauff a fini devant une foule fin prête à se faire achever par une artiste qui nous prouve à chaque set ses talents… en vain ! On a eu le droit a un set ultra breaké, sans harmonie, décalé sur des demis et quarts temps. Le public est divisé : certains râlent, d’autres débattent du meilleur set qu’ils ont vu de l’allemande – celui de Dour ou de Panoramas l’année passée – et d’autres se laissent transporter dans un nouvel univers, différent de celui de d’habitude.

Ce vendredi soir au parc expo nous aura laissé sur notre fin avec quelques regrets, notamment celui d’avoir vu Henrik Schwarz remplacé au pied levé par Maceo Plex. On n’a moins dansé que prévu, ce qui nous a aussi laissé le temps d’être déçus par un mapping sans surprises ainsi qu’une déco assez fade… Difficile d’habiller une si grande salle sans âme comme il se doit dès la seconde édition. Demain est un autre jour et on a encore pleins de jolies découvertes à faire !


► SAMEDI ◄

▪ GAYEULLES ▪

Hop hop hop, l’équipe de Fresh Flavour est partie en vadrouille, se requinquer aux Gayeulles Electroniques ce samedi 20 mai. Au programme, les équipes : Kepler, Texture et Frangines & Co aux platines et auteurs de toute l’organisation de ce bel événement en plein air !

En bref : un gros, gros succès ! Le double du monde par rapport à l’année dernière, des conditions encore superbes : soleil d’aplomb, chouette ambiance, entre chill et repos après le 1er jour du festival, et d’autres petites bêtes déjà bien en train de s’échauffer avant de repartir pour le 2e round au Parc des expos, on était plus que content d’être là !

Bien évidemment, qui dit le double de personnes, dit le double du taff également ! Au bar par exemple, les équipes étaient dé-bor-dées ! Pourtant le sourire était là, le public était chaud patate, aucun débordement non plus, juste du pur hapiness d’être ici, la joie de profiter d’un cadre idyllique pour se reposer, écouter du son enjoué, ou bien danser direct près des platines.

© Cliché par Mickaël Hinault

Certes, beaucoup de monde, mais les gens ne se plaignaient pas au niveau de la place ! Et au contraire, les rencontres fusaient, chacun était bien heureux de sympathiser avec ses voisins, de simplement échanger quelques regards, des sourires, un pas de danse effrené, un tchin tchin….

Bien que le Parc des Gayeulles soit situé plutôt assez loin du centre-villes de Rennes, ça n’a pas empêché bien foule de se déplacer pour l’événement. Celui-ci était mené par rappelons-le, 3 collectifs locaux qui ont su depuis leurs expériences, bien ancré leur identité dans le paysage rennais. Kepler, Texture et Frangines & Co sont trois associations qui depuis plusieurs années organisent des événements de musiques électroniques au bonheur des jeunes et plus âgés. Appréciés de par leurs habilités à créer des événements riches en couleurs : artistiquement parlant avec des décors punchy, des événements conviviaux, familiaux, festifs et accessibles, grâce à eux ils réunissent toutes générations. Celles-ci sont bien heureuses de partager le bonheur de se retrouver, de se requinquer, que ce soit en dansant, chantant, ou autour d’un bon rafraîchissement.

© Estelle | Fresh Flavour

On estimait entre 4000 et 5000 personnes présentes aux Gayeulles. Plusieurs bénévoles ont rassemblés leurs forces pour tenir l’événement, dont aussi d’autres collectifs de musique électronique rennais, qui avaient la patate pour soutenir non pas leurs adversaires, mais bien leurs potos à ce jour ! C’était assez beau. Tout le monde avait le feu aux fesses, et était joyeux de crier ‘Made Festival’, ce fameux marathon à suivre…. Ce week-end du 18 au 21 mai.

Dans notre balade, on a pu papoter un peu avec Boolee et Toncar les grapheurs du coin :

Salut à vous les artistes ! Ca enfile des perles ici, vous êtes là depuis quelle heure dites ? On est ici depuis 13h sur le spot. ça fait 5/6h ouais, on ne se plaint pas, on a pu voir tout ce beau monde arriver au fur et à mesure.

© Estelle | Fresh Flavour

Vous êtes ravis du contexte, de l’événement ? On est super content des conditions ouais, on pensait même qu’il allait pleuvoir, le début était mal parti on a eu de minis frayeurs haha !

Ca fait quoi d’être aux Gayeulles ? Et ça fait combien de temps que vous graphez ? On était déjà là l’année dernière et on est heureux d’être là de nouveau. Ca fait entre 13-14 ans qu’on graphe, on a eu des pauses mais ouais ça fait déjà un petit moment !

Et vous venez d’où comme ça ? Alors on est de Rennes et de Saint-Brieuc. Puis l’un de nous vit aussi à Nantes. On aime rester à toujours moins de 100km de Rennes haha ! On joue le triangle entre ces 3 destinations.

Vous profitez bien des Gayeulles ? Votre mood ? On profite bien de l’événement ouais, il fait beau on est peinard, des copains sont passés, on a les pieds dans le sable. Quid de mieux ?

Et votre œuvre alors, parlez nous-en ! Cette fresque on l’a fait à deux, lui il a fait les lettres et moi le personnage. On a choisi un thème électronique, on s’est penché sur des pochettes d’albums des années 90, y’a des effets chromés vintage, et puis on a réalisé un personnage android. Et à la base il ressemblait à un homme, puis finalement on a débordé sur une femme, une cyborg. Ca permet l’évasion un peu !

© Estelle | Fresh Flavour

Merci à Boolee & Toncar ! Retrouvez le reste de leurs œuvres sur leur instagram : instagram: @b2ol2e

© Oli Mouazan

En conclusion, une parfaite vadrouille aux Gayeulles ! Plus proche de la nature, plus proche des gens, retour aux sources, et surtout toujours au plus proche de la musique…. Vivement l’année prochaine ?


► SAMEDI◄

▪ LE HAMEAU ▪

 

Après une édition 2016 réussie, les deux associations rennaises ÖND et La Tangente remettent le couvert le temps d’un week-end ensoleillé au Mail François Mitterand. Les deux asso nous promettaient « du fun, du chill, de la musique, de la bonne ripaille et des boissons variées ». On y était, on vous en parle.

On arrive un peu tard pour assister au set de Silureman (La Tangente) mais on se rattrape sur la performance de Vanadís, membre de l’écurie ÖND. La djette joue un set enjoué, généreux, qui nous met directement dans l’ambiance. On s’installe tranquillement sur les fauteuils et les tapis disséminés un peu partout sur le mail, et on profite du soleil, une bière à la main.

© Adrien Henninot

La Tangente et ÖND ont réussi à créer un véritable mini village du festival, où tout le monde se rencontre dans une ambiance bon enfant. Sur place, nous pouvons trouver de quoi se restaurer, se rafraîchir, acheter des disques, et même des jeux pour les petits et les plus grands. Pari réussi : c’est fun, c’est chill, familial, et très agréable.

Hidem prend le relais à 17h30. On apprécie la grande dextérité musicale du bonhomme, qui mélange, toujours avec goût, les styles et les sonorités. Les festivaliers commencent à venir danser devant la scène, tandis que les autres prennent l’apéro, ou flânent entre les différents stands. Exodus de The Black Madonna raisonne, les délicates notes de piano jouant avec les rayons du soleil, font monter la température, déjà très élevée.

19h30, c’est au tour de Chris Azano, membre fondateur du crew Silteplay, qu’on ne présente plus. Activiste de longue date de la scène électronique, le Dj hausse le ton en jouant un set plus techno, rameutant nombre de festivaliers, prêt à en découdre avec la musique et les kicks rebondissants. A 20h30, c’est au tour de Ronod de prendre la suite, pour un closing comme seul lui sait le faire. Il clôture cette belle journée devant une foule compacte, charmée par son style rapide et précis.

© Cliché par Mickaël Hinault

► SAMEDI ◄

▪ PARC DES EXPOS ▪

Après cette énorme après-midi aux Gayeulles et au Hameau, nous voilà de retour on ne peut plus chaud, au Parc Expo. Le trio Mandar, composé de Lazare Hoche, Malin Genie et S. A. M a motivé les technophiles à venir assez tôt et la salle s’est vite remplie, sous un set house maîtrisé par les trois compères.

Sonja Moonear ne nous a pas transporté très loin ce soir, son set n’était pas transcendant mais le public avait l’air conquis… On en retient un bilan mitigé, pas plus séduit que d’habitude par ses prestations.

 

A partir d’1h30 du matin, c’est le bulgare KinK qui prend place sur scène, et là, on sait qu’il va envoyer du lourd. Il nous a livré un live maîtrisé à la perfection, à base d’acid de techno et de breakbeat, un espèce de voyage expérimental incroyable, qui a su convaincre tout le monde. Et comme si cela ne suffisait pas, Strahil Velchev nous a offert une prestation scénique hors norme : un énorme smile du début à la fin, une énergie communicative, un véritable artiste en connexion avec son public, qui nous a fait partager l’espace de 90 minutes, sa passion pour la musique. La soirée commence enfin !

Après cette grosse claque en live, Levon Vincent ambiance les milliers de festivaliers présents avec un bon set italo disco. Ses morceaux sont tous choisis avec attention, entre vocaux planants et acid transcendant – on n’a rien compris mais on s’est laissé emporter ! Malgré quelques transitions bancales, on a assisté a un bel interlude entre le live explosif de KinK et le closing de Âme, qui arrive juste derrière.

 

Kristian Beyer, membre du duo Âme, est clairement venu retourner le Made Festival avec un set millimétré et travaillé. Ce closing extraordinaire avec des transitions imperceptibles nous a emmené dans un voyage transcendant, comme seul Âme peut nous l’offrir pour une fin de festival. Chaque track est une vraie pépite et notre plus gros coup de cœur de ce set hors du commun reste  Premiere: Roosevelt – Heart (Cleveland Remix) .

On retourne vers les navettes la tête dans les nuages, des étoiles pleins les yeux et nos oreilles sont pleines d’envolées acid envoûtantes. Un dernier soir enfin à la hauteur de la première édition qui nous avait tant convaincue l’année précédente !

L’after aux anciennes Cartoucheries n’aura pas eu raison de nous et c’est avec regret que nous n’avons pas pu découvrir ce lieu plein d’histoire. On sait par contre que l’événement a eu du succès et que les éternels fêtards insatiables étaient au rendez-vous. Enfin, l’After Made organisé par Chevreuil aura vu son public d’habitués, mais pas assez de nouvelles têtes, malgré un plateau house et un plateau techno qui promettait même de faire danser les plus fatigués.


► DIMANCHE ◄

▪ LE HAMEAU ▪

© Mélanie Janin

Comme à notre habitude, et sûrement fatigué après deux soirées de feu au Parc expo, nous loupons le début des festivités. Les performances d’Antoine Pamaran (ÖND) et de Physical Behaviour (duo composé de Tristan et Cordeiro) nous passent sous le nez, malheureusement trop tôt (la journée commençant dès midi). On arrive au milieu du set du crew Bre.Tone. Il y avait beaucoup, mais alors beaucoup de monde au Mail ce dimanche. Malgré la fin du festival, la fatigue accumulée et le soleil qui tape fort, nombreux festivaliers se retrouvent pour les derniers pas de danse du week-end. Beaucoup d’amour et de pépite house et disco au programme.

© Adrien Henninot

17h, Blutch et Ringard prennent les commandes pour les deux dernières heures du village avant l’année prochaine. Comme à leur habitude, les deux connaisseurs retournent le site, grâce à leurs titres imparables. Le boss du label Dance around 88 et le protégé d’Astropolis, clôturent de façon magistrale ce beau week-end, riche en rencontres et en émotions.

C’est donc un brin déjà nostalgique, mais forcément heureux d’avoir participé à cette expérience, que nous rentrons chez nous et quittons ce sympathique, et bien nommé, Hameau. Sur place, il reste encore beaucoup de festivaliers et plein de petits drapeaux colorés dans les arbres. A l’instar des autres événements proposés parallèlement au parc expo, ÖND et la Tangente ont proposé deux jours de qualités, tant par la maîtrise, la générosité et l’éclectisme des sets des artistes, que par les activités, l’agréable ambiance et l’accueil pour les festivaliers.

© Mélanie Janin

Bonus track : interview de Baptiste Glory, menuisier et concepteur du Hameau.

Comment as tu été contacté pour participer à la construction du Hameau ?

L’année dernière, j’avais déjà fait la décoration du Hameau. Ça s’est passé sur deux-trois jours mais c’était très précaire. Je connais bien les gars de la Tangente. A quelques jours de l’événement, on m’a appelé et vu que je suis menuisier de métier, j’ai concrétisé leurs idées, j’ai eu accès à des matériaux un peu différents aussi. Ça s’est fait avec beaucoup d’amour.

Et cette année comment s’est déroulé la conception du site ?

J’ai travaillé avec Marion et Sarah de ÖND. Elles m’ont donné plein d’idées que j’ai essayé de mettre en place. Mais parfois certaines d’entre elles sont arrivées sur le tas : par exemple on a construit un avion en bois dans la foulée. On a travaillé entre potes, on voulait vraiment faire quelque chose à notre image, être fiers du rendu.

Comment s’est effectué la rencontre avec le Made ?

Il y en a un que je suis obligé de remercier, c’est mon pote Blutch. La rencontre s’est faite comme ça, et je l’embrasse.

© Cliché par Shoot Me Again